{"id":73,"date":"2021-11-07T10:48:01","date_gmt":"2021-11-07T10:48:01","guid":{"rendered":"https:\/\/www.moviescope.fr\/?p=73"},"modified":"2021-11-07T10:48:01","modified_gmt":"2021-11-07T10:48:01","slug":"candyman","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.moviescope.fr\/?p=73","title":{"rendered":"CANDYMAN"},"content":{"rendered":"\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Candyman<br>Un film de Nia DaCosta<br><br><br>Pr\u00e8s de trente ann\u00e9es apr\u00e8s la sortie du magnifique Candyman de Bernard Rose, Hollywood a d\u00e9cid\u00e9 de donner son feu vert \u00e0 une nouvelle adaptation de la c\u00e9l\u00e8bre l\u00e9gende urbaine. A l\u2019\u00e9poque, le film avait \u00e9t\u00e9 suivi de deux s\u00e9quelles de qualit\u00e9 in\u00e9gales, en 1995 et 1999.<br><br>Le film de Bernard Rose \u00e9tait bas\u00e9 sur la nouvelle The Forbidden de Clive Barker, publi\u00e9e en 1985. Il avait \u00e9t\u00e9 r\u00e9compens\u00e9 \u00e0 trois reprises lors du dernier Festival du Film Fantastique d\u2019Avoriaz en 1993, avec le prix de la Meilleure Actrice (inoubliable Virginia Madsen), le Prix du Public, et enfin le Prix de la Meilleure Musique (Philip Glass). Au c\u0153ur du genre, le film allait vite devenir culte. Imaginer une relecture aujourd\u2019hui s\u2019av\u00e9rait donc \u00e0 la fois ambitieux et risqu\u00e9, car cela impliquait de ne pas d\u00e9cevoir les fans du personnage, et d\u2019ancrer l\u2019histoire, plus moderne, dans un contexte social malheureusement toujours d\u2019actualit\u00e9. Le nouveau Candyman devait trouver sa voie tout en \u00e9tant respectueux du film original, sans oublier d\u2019aborder des th\u00e8mes sociaux toujours aussi pr\u00e9gnants. <br>Ces contraintes n\u2019ont pas effray\u00e9 Nia DaCosta. D\u00e8s les premi\u00e8res images la r\u00e9alisatrice donne le ton. Son g\u00e9n\u00e9rique est magnifique, il inverse les perspectives d\u2019une mani\u00e8re originale et plonge imm\u00e9diatement le spectateur dans le Fantastique. Nia DaCosta construit une ambiance lourde, mais subtile. Elle conna\u00eet le genre, le respecte. Elle a voulu l\u2019illustrer tout en exprimant la col\u00e8re de la population noire mise \u00e0 l\u2019\u00e9cart par la communaut\u00e9 blanche. Des Blancs qui ont construit des banlieues mal fam\u00e9es dans les faubourgs des villes, pour ensuite les raser lorsqu\u2019elles posaient trop de probl\u00e8mes. Les ghettos d\u2019alors ont \u00e9t\u00e9 oubli\u00e9s, d\u00e9sert\u00e9s, leurs habitants exil\u00e9s en d\u2019autres endroits, imagin\u00e9s par les m\u00eames \u00e9diles (majoritairement blancs). Puis ils ont \u00e9t\u00e9 reconstruits non loin de l\u00e0, sous une s\u00e9duisante apparence, mais avec toujours le m\u00eame but, rassembler au m\u00eame endroit une population bien cibl\u00e9e.<br>Anthony McCoy est un jeune artiste en mal d\u2019inspiration. Confortablement install\u00e9 dans un nouveau quartier de Chicago avec Brianna, sa copine directrice d\u2019une galerie d\u2019art, il n\u2019a rien peint d\u2019int\u00e9ressant depuis deux ann\u00e9es. Lors d\u2019une soir\u00e9e avec Troy, le fr\u00e8re de Brianna, il apprend la l\u00e9gende du Candyman. Troy leur raconte les \u00e9v\u00e9nements sanglants qui ont secou\u00e9 le quartier de Cabrini Green en 1977, avec la croisade meurtri\u00e8re d\u2019une jeune \u00e9tudiante blanche, Helen Lyle. Croisade s\u2019\u00e9tant conclue avec la mort de la suppos\u00e9e meurtri\u00e8re. L\u2019histoire r\u00e9sonne particuli\u00e8rement dans l\u2019esprit d\u2019Anthony. Le jeune homme va alors entreprendre des recherches approfondies sur cette histoire fantastique. Et finalement d\u00e9couvrir sa v\u00e9ritable origine. <br>Nia DaCosta ne fait  pas de de son film un \u00e9ni\u00e8me bain de sang pr\u00e9visible. Il y a bien s\u00fbr deux-trois sc\u00e8nes avec projection d\u2019h\u00e9moglobine, la l\u00e9gende urbaine l\u2019impose. Les effets gore sont simples, classiques et arrivent au bon moment. Mais c\u2019est dans son pouvoir de suggestion du surnaturel que la r\u00e9alisatrice d\u00e9montre qu\u2019elle \u00e9tait la bonne personne pour faire revivre la l\u00e9gende du Candyman. Elle joue avec l\u2019esprit d\u2019Anthony et donc avec celui du spectateur. Il n\u2019y a pas de sc\u00e8ne gratuite, et le message politique pr\u00e9sent dans l\u2019histoire l\u2019est plus que dans le film original. Mais il ne faut pas oublier que ce message \u00e9tait d\u00e9j\u00e0 l\u00e0 dans le Candyman de 1992. <br>Les \u00e9v\u00e9nements raciaux r\u00e9cents ont probablement pouss\u00e9 Nia DaCosta \u00e0 forcer le trait, car elle fait partie de la communaut\u00e9 afro-am\u00e9ricaine, comme les personnages principaux de son film. Et selon o\u00f9 l\u2019on se situe, on pourra trouver le sous discours un peu trop appuy\u00e9 (les Blancs ne sont pas vraiment \u00e0 l\u2019honneur ici, c\u2019est le moins qu\u2019on puisse dire). Mais le film se pr\u00eatait bien \u00e0 un rappel du racisme toujours aussi pr\u00e9sent dans la soci\u00e9t\u00e9 am\u00e9ricaine, avec bien trop souvent une justice \u00e0 g\u00e9om\u00e9trie variable selon la couleur de peau. <br>Les cin\u00e9philes seront ravis de retrouver de mani\u00e8re fugace mais intelligente les deux personnages-clefs du film de Bernard Rose. Virginia Madsen appara\u00eet au d\u00e9tour d\u2019une photographie d\u2019article de presse, et pr\u00eate sa voix dans un t\u00e9moignage d\u2019archives, tandis que Tony Todd, l\u2019inoubliable premier Candyman, pr\u00eate ses traits lors d\u2019une conclusion po\u00e9tique et porteuse d\u2019espoir. Le g\u00e9n\u00e9rique de fin est tr\u00e8s beau. Moins optimiste, il rappelle que l\u2019histoire se r\u00e9p\u00e8te, encore et encore. Mais il est permis d\u2019esp\u00e9rer\u2026<br><br>J\u00e9r\u00f4me Magne<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>CandymanUn film de Nia DaCosta Pr\u00e8s de trente ann\u00e9es apr\u00e8s la sortie du magnifique Candyman de Bernard Rose, Hollywood a d\u00e9cid\u00e9 de donner son feu vert \u00e0 une nouvelle adaptation de la c\u00e9l\u00e8bre l\u00e9gende urbaine. A l\u2019\u00e9poque, le film avait \u00e9t\u00e9 suivi de deux s\u00e9quelles de qualit\u00e9 in\u00e9gales, en 1995 et 1999. Le film de&hellip; <a class=\"more-link\" href=\"https:\/\/www.moviescope.fr\/?p=73\">Poursuivre la lecture <span class=\"screen-reader-text\">CANDYMAN<\/span><\/a><\/p>\n","protected":false},"author":1,"featured_media":75,"comment_status":"open","ping_status":"open","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"footnotes":""},"categories":[1],"tags":[],"class_list":["post-73","post","type-post","status-publish","format-standard","has-post-thumbnail","hentry","category-uncategorized","entry"],"jetpack_featured_media_url":"https:\/\/www.moviescope.fr\/wp-content\/uploads\/2021\/11\/Candyman-2021-7-formas-en-que-se-basa-en-la-672x372-1.jpg","_links":{"self":[{"href":"https:\/\/www.moviescope.fr\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/73","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/www.moviescope.fr\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/www.moviescope.fr\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.moviescope.fr\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/users\/1"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.moviescope.fr\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fcomments&post=73"}],"version-history":[{"count":2,"href":"https:\/\/www.moviescope.fr\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/73\/revisions"}],"predecessor-version":[{"id":86,"href":"https:\/\/www.moviescope.fr\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/73\/revisions\/86"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/www.moviescope.fr\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fmedia&parent=73"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.moviescope.fr\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fcategories&post=73"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.moviescope.fr\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Ftags&post=73"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}