{"id":40,"date":"2021-07-06T10:18:00","date_gmt":"2021-07-06T10:18:00","guid":{"rendered":"http:\/\/www.moviescope.fr\/?p=40"},"modified":"2021-07-06T10:18:00","modified_gmt":"2021-07-06T10:18:00","slug":"saint-maud","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.moviescope.fr\/?p=40","title":{"rendered":"Saint-Maud"},"content":{"rendered":"\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Un film de Rose Glass<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Pour son premier long-m\u00e9trage, la r\u00e9alisatrice britannique Rose Glass a eu les honneurs du 27\u00e8me Festival International du Film Fantastique de G\u00e9rardmer. Saint Maud faisait partie de la comp\u00e9tition officielle, qui comptait 10 longs-m\u00e9trages.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">D\u00e8s sa premi\u00e8re projection (\u00e0 G\u00e9rardmer, les films pr\u00e9sent\u00e9s sont diffus\u00e9s \u00e0 plusieurs reprises durant les 5 cinq jours du festival), Saint Maud fit beaucoup parler de lui. Au point de tr\u00e8s vite figurer comme l\u2019un des favoris de la c\u00e9l\u00e8bre manifestation vosgienne. A l\u2019issue des 5 jours de comp\u00e9tition le palmar\u00e8s ne fit que confirmer cette impression : en repartant avec quatre r\u00e9compenses, le film r\u00e9alisa une des plus m\u00e9morables razzias de l\u2019histoire du festival. En cumulant le Grand Prix, le Prix de la Critique, le Prix de la Meilleure Musique Originale et enfin le Prix du Jury Jeunes de la R\u00e9gion Grand Est, Saint Maud inscrivit son nom au panth\u00e9on de la manifestation, aux c\u00f4t\u00e9s du superbe Mister Babadook de Jennifer Kent en 2014 (Prix du Jury, Prix du Public, Prix de la Critique, Prix du Jury Jeunes de la R\u00e9gion Grand Est), seul autre long-m\u00e9trage \u00e0 avoir remport\u00e9 quatre r\u00e9compenses.<br>En un peu plus d\u2019une heure vingt Rose Glass invite le spectateur \u00e0 partager le quotidien d\u2019une jeune femme, Maud, qui cherche \u00e0 communiquer avec Dieu. La r\u00e9alisatrice avait fait le d\u00e9placement dans les Vosges. Elle monta sur la sc\u00e8ne de la grande salle de l\u2019Espace Lac juste avant la projection pour pr\u00e9senter son film. Une fois l\u2019obscurit\u00e9 revenue, les premi\u00e8res images confirm\u00e8rent les propos qu\u2019elle venait de tenir. Le film serait une immersion dans la psych\u00e9 \u00f4 combien tortur\u00e9e de son personnage principal.<br>Apr\u00e8s une ouverture tr\u00e8s organique &#8211; que nous ne d\u00e9voilerons pas de peur de priver le spectateur d\u2019un saisissant tableau \u2013 le film nous pr\u00e9sente son personnage principal, Maud, une jeune femme tout ce qu\u2019il y a de plus banal. Elle va se rendre \u00e0 son nouveau travail. Apparemment tr\u00e8s croyante, elle est l\u2019infirmi\u00e8re particuli\u00e8re d\u2019une ancienne artiste que la maladie a contraint \u00e0 rester clo\u00eetr\u00e9e dans sa vaste demeure. Maud communique avec Dieu, elle lui parle \u00e0 tout instant. Elle attend un signe de lui, une indication sur sa destin\u00e9e, car elle est intimement convaincue que le Seigneur a une mission pour elle. Il occupe chacune de ses pens\u00e9es, mais pour l\u2019observateur ext\u00e9rieur Maud a l\u2019air jeune et inoffensive. Parfaitement anodine.<br>Dans la grande b\u00e2tisse que Maud partage avec sa patronne, Amanda Kohl, l\u2019ambiance est pesante et la lumi\u00e8re se fait rare. Le quotidien de Maud se partage entre ses journ\u00e9es consacr\u00e9es aux soins apport\u00e9s \u00e0 Amanda, et ses soir\u00e9es (et parfois ses nuits) tourn\u00e9es vers Dieu. A l\u2019occasion, Amanda re\u00e7oit des invit\u00e9s le soir, ou la nuit. Histoire de s\u2019\u00e9vader un peu, d\u2019oublier sa d\u00e9ch\u00e9ance en renouant avec son pass\u00e9 de diva de la danse. Dans ces moments-l\u00e0, elle prend ses distances avec Maud, alors qu\u2019au contraire chaque journ\u00e9e lui permet de cr\u00e9er un lien de plus en plus fort avec sa soignante. Lors de ces journ\u00e9es pass\u00e9es \u00e0 communier avec Dieu les deux femmes en deviennent quasi fusionnelles. Car pour Maud, le Seigneur a de grands projets concernant Amanda. Jour apr\u00e8s jour, le lien qui les unit n\u2019en devient que plus fort. Jusqu\u2019au drame.<br>Apr\u00e8s s\u2019\u00eatre emport\u00e9e contre Amanda, Maud sera relev\u00e9e de ses fonctions. Et devra r\u00e9int\u00e9grer son petit appartement. Cette rupture la verra sombrer dans l\u2019introspection et le doute. Sans emploi, d\u00e9s\u0153uvr\u00e9e, elle questionnera chaque jour un peu plus sa foi dans l\u2019espoir de recevoir des r\u00e9ponses. Le profond traumatisme qui frappe alors Maud est le moment que choisit Rose Glass pour laisser libre cours \u00e0 ses envies d\u2019exp\u00e9rimentation. Elle adopte alors une mani\u00e8re de filmer plus libre et utilise des proc\u00e9d\u00e9s originaux. Les angles de prises de vue deviennent atypiques, de travers, sens dessus dessous. La mise en sc\u00e8ne fait ressentir aux spectateurs ce qui se passe dans la t\u00eate de Maud.<br>Dans sa seconde partie Saint Maud se r\u00e9v\u00e8le dans toute sa complexit\u00e9 et sa profondeur. Apr\u00e8s avoir appris \u00e0 conna\u00eetre Maud, le spectateur se trouve emport\u00e9 dans son esprit tortur\u00e9, tour \u00e0 tour exalt\u00e9 ou travers\u00e9 de doutes. Dans ce climat anxiog\u00e8ne la musique joue une part importante. Au milieu des doutes qui assaillent Maud le spectateur \u00e9touffe. Pendant toute la (petite) dur\u00e9e du film, la jeune com\u00e9dienne galloise Morfydd Clark accapare l\u2019\u00e9cran et exprime merveilleusement bien l\u2019intensit\u00e9 d\u00e9vorante de la foi qui l\u2019habite. Au d\u00e9part du projet, la r\u00e9alisatrice avait en t\u00eate une com\u00e9dienne bien plus \u00e2g\u00e9e pour interpr\u00e9ter Maud. Les essais l\u2019ont finalement convaincue de choisir Morfydd Clark, malgr\u00e9 sa relative jeunesse (tout juste 30 ans). Elle s\u2019en est d\u2019ailleurs f\u00e9licit\u00e9e \u00e0 G\u00e9rardmer.<br>Fait assez rare pour le signaler, Rose Glass avait choisi de rester dans la salle de l\u2019Espace Lac toute la dur\u00e9e de la projection. Histoire de ressentir la salle, pouvoir palper les r\u00e9actions du public. A l\u2019issue de la projection, sa curiosit\u00e9 fut largement r\u00e9compens\u00e9e par les salves nourries d\u2019applaudissements.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">J\u00e9r\u00f4me MAGNE<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\"><\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Un film de Rose Glass Pour son premier long-m\u00e9trage, la r\u00e9alisatrice britannique Rose Glass a eu les honneurs du 27\u00e8me Festival International du Film Fantastique de G\u00e9rardmer. Saint Maud faisait partie de la comp\u00e9tition officielle, qui comptait 10 longs-m\u00e9trages. D\u00e8s sa premi\u00e8re projection (\u00e0 G\u00e9rardmer, les films pr\u00e9sent\u00e9s sont diffus\u00e9s \u00e0 plusieurs reprises durant les&hellip; <a class=\"more-link\" href=\"https:\/\/www.moviescope.fr\/?p=40\">Poursuivre la lecture <span class=\"screen-reader-text\">Saint-Maud<\/span><\/a><\/p>\n","protected":false},"author":1,"featured_media":60,"comment_status":"open","ping_status":"open","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"footnotes":""},"categories":[1],"tags":[],"class_list":["post-40","post","type-post","status-publish","format-standard","has-post-thumbnail","hentry","category-uncategorized","entry"],"jetpack_featured_media_url":"https:\/\/www.moviescope.fr\/wp-content\/uploads\/2021\/01\/Saint-Maud-1.jpeg","_links":{"self":[{"href":"https:\/\/www.moviescope.fr\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/40","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/www.moviescope.fr\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/www.moviescope.fr\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.moviescope.fr\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/users\/1"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.moviescope.fr\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fcomments&post=40"}],"version-history":[{"count":1,"href":"https:\/\/www.moviescope.fr\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/40\/revisions"}],"predecessor-version":[{"id":41,"href":"https:\/\/www.moviescope.fr\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/40\/revisions\/41"}],"wp:featuredmedia":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.moviescope.fr\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/media\/60"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/www.moviescope.fr\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fmedia&parent=40"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.moviescope.fr\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fcategories&post=40"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.moviescope.fr\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Ftags&post=40"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}