{"id":337,"date":"2025-02-23T18:13:23","date_gmt":"2025-02-23T18:13:23","guid":{"rendered":"https:\/\/www.moviescope.fr\/?p=337"},"modified":"2025-02-27T17:39:37","modified_gmt":"2025-02-27T17:39:37","slug":"32eme-festival-nternational-du-film-fantastique-de-gerardmer","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.moviescope.fr\/?p=337","title":{"rendered":"32\u00e8me Festival International du Film Fantastique de G\u00e9rardmer"},"content":{"rendered":"\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Au si\u00e8cle dernier, en 1994, se tenait le premier Festival International du Film Fantastique de G\u00e9rardmer, alors sobrement appel\u00e9 Fantastica. Reprenant le flambeau du Festival International du Film Fantastique d\u2019Avoriaz, l\u2019\u00e9v\u00e9nement allait s\u2019\u00e9toffer au fil des \u00e9ditions en d\u00e9passant le cadre du cin\u00e9ma et en s\u2019ouvrant sur de nouveaux horizons. Aujourd\u2019hui commun\u00e9ment \u00e9voqu\u00e9 sous la sobre appellation \u00ab&nbsp;Festival de G\u00e9rardmer&nbsp;\u00bb la manifestation a acquis une notori\u00e9t\u00e9 qui d\u00e9passe les fronti\u00e8res de la r\u00e9gion et de l\u2019Hexagone. Pendant les cinq jours que dure le festival, la ville se transforme en une sympathique fourmili\u00e8re, les cin\u00e9philes arpentant sans rel\u00e2che les salles obscures de la ville. Les rues de la Perle des Vosges sont alors le th\u00e9\u00e2tre de petits mouvements de foule incessants, les amateurs de sensations fortes se d\u00e9pla\u00e7ant d\u2019une salle de projection \u00e0 l\u2019autre, au gr\u00e9 de processions toujours enthousiastes.<br>Ce mill\u00e9sime n\u2019a pas fait exception, et a comme chaque ann\u00e9e d\u00e9pass\u00e9 le cadre des salles obscures en proposant masterclass (<strong>Ti West \u00e9tait \u00e0 l\u2019honneur cette ann\u00e9e, un hommage lui a \u00e9t\u00e9 rendu \u00e0 l\u2019occasion d\u2019un discours vibrant et tr\u00e8s inspir\u00e9 d\u2019Aude Hesbert, la nouvelle Directrice G\u00e9n\u00e9rale de Hopscoth Cin\u00e9ma, l\u2019ex-Public Syst\u00e8me Cin\u00e9ma organisant le festival de G\u00e9rardmer et celui de Deauville notamment<\/strong>), conf\u00e9rence sur les fant\u00f4mes au f\u00e9minin \u00e0 travers les \u00e2ges (et r\u00e9v\u00e9lateurs de notre rapport \u00e0 la f\u00e9minit\u00e9), table ronde sur l\u2019art des effets sp\u00e9ciaux au c\u0153ur du fantastique, participation de grands noms de la litt\u00e9rature fantastique au salon du Grimoire, sans oublier le retour de la zombie walk, cette ann\u00e9e sous des cieux cl\u00e9ments.<br>Les Jurys Longs-M\u00e9trages et Courts-M\u00e9trages \u00e9taient eux aussi sous le signe de la f\u00e9minit\u00e9, Vimala Pons pr\u00e9sidant le premier, tandis qu\u2019Emma Benestan \u00e9tait \u00e0 la t\u00eate du second. Aux c\u00f4t\u00e9s de Vimala Pons, Vladimir Cauchemar, J\u00e9r\u00e9my Clapin, Clotilde Hesme, William Lebghil, Caroline Poggi et Jonathan Vinel, tandis qu\u2019Emma Benestan (dont le r\u00e9cent Animale nous avait charm\u00e9) \u00e9tait assist\u00e9e d\u2019Olivier Afonso, Emma Chevalier, Th\u00e9o Cholbi et Tiphaine Daviot.<br>Pendant les cinq jours du festival chaque \u00e9quipe allait d\u00e9cortiquer son lot de productions (9 longs-m\u00e9trages et 8 courts-m\u00e9trages), qui, on peut l\u2019affirmer d\u2019entr\u00e9e, <strong>\u00e9taient de tr\u00e8s bonne qualit\u00e9 pour la grande majorit\u00e9.<\/strong><\/p>\n\n\n\n<figure class=\"wp-block-image size-full\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" width=\"300\" height=\"168\" src=\"https:\/\/www.moviescope.fr\/wp-content\/uploads\/2025\/02\/Rumours.png\" alt=\"\" class=\"wp-image-352\"\/><\/figure>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\"><a href=\"http:\/\/www.hebdoscope.fr\/wp\/wp-content\/uploads\/2025\/02\/rumours.png\"><\/a> <strong>Rumours<\/strong> : la folle \u00e9quipe au complet.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Pr\u00e9sent\u00e9 en comp\u00e9tition, <strong>Rumours<\/strong> des Canadiens Guy Maddin, Evan Johnson et Galen Johnson nous faisait partager la r\u00e9union des chefs politiques du G7. Le film est bas\u00e9 sur une id\u00e9e originale, celle d\u2019\u00e9minents dirigeants politiques se retrouvant dans un endroit isol\u00e9 en Allemagne pour \u00e9changer et r\u00e9diger une d\u00e9claration sur la crise mondiale. Et qui vont vite se retrouver entour\u00e9s de cr\u00e9atures d\u2019un autre \u00e2ge. Le film est plut\u00f4t contemplatif et tire surtout son int\u00e9r\u00eat d\u2019une interpr\u00e9tation efficace&nbsp;:Cate Blanchett, Denis M\u00e9nochet, et Charles Dance pour ne citer que les plus connus. Les com\u00e9diens endossent tous une d\u00e9froque in\u00e9dite, et lui donnent un \u00e9clairage original. En Pr\u00e9sident de la R\u00e9publique Fran\u00e7aise, Denis M\u00e9nochet h\u00e9rite d\u2019une partition savoureuse et tout en nuance. <strong>Il nous fait partager des moments hors du temps lors de ses monologues hallucin\u00e9s<\/strong>, tandis qu\u2019en cheffe de la repr\u00e9sentation et chanceli\u00e8re allemande Cate Blanchett a fort \u00e0 faire pour maintenir la coh\u00e9sion du groupe.<br>Au terme du festival, <strong>Rumours<\/strong> a d\u00e9croch\u00e9 le Prix du Jury.<\/p>\n\n\n\n<figure class=\"wp-block-image size-full\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" width=\"300\" height=\"168\" src=\"https:\/\/www.moviescope.fr\/wp-content\/uploads\/2025\/02\/Azrael.png\" alt=\"\" class=\"wp-image-351\"\/><\/figure>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\"> <strong>Azrael<\/strong>, ou la r\u00e9silience faite femme.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">En comp\u00e9tition \u00e9galement, <strong>Azrael<\/strong> de l\u2019Am\u00e9ricain E.L. Katz, invitait les spectateurs \u00e0 un voyage au c\u0153ur d\u2019un monde o\u00f9 les \u00eatres humains auraient perdu la parole. Aucune explication donn\u00e9e \u00e0 ce postulat. Pourchass\u00e9e par un groupe voulant la sacrifier en l\u2019honneur d\u2019un mal ancestral, Azrael va tout faire pour \u00e9chapper \u00e0 ses poursuivants. Dans cet univers sans aucune voix, Azrael va \u00eatre captur\u00e9e et se lib\u00e9rer \u00e0 plusieurs reprises, d\u00e9montrant une r\u00e9silience hors du commun et une farouche volont\u00e9 de se faire justice. <strong>Azrael<\/strong> \u00e9tant sans dialogues, les images, les d\u00e9cors et surtout l\u2019expressivit\u00e9 des com\u00e9diens \u00e9taient tr\u00e8s importants. Le r\u00e9cit n\u2019a eu aucun mal \u00e0 captiver son public, le film aurait m\u00e9rit\u00e9 un prix. Mais cette ann\u00e9e la concurrence \u00e9tait rude<\/p>\n\n\n\n<figure class=\"wp-block-image size-full\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" width=\"300\" height=\"168\" src=\"https:\/\/www.moviescope.fr\/wp-content\/uploads\/2025\/02\/The-wailing.png\" alt=\"\" class=\"wp-image-350\"\/><\/figure>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\"><a href=\"http:\/\/www.hebdoscope.fr\/wp\/wp-content\/uploads\/2025\/02\/the-Wailing.png\"><\/a> <strong>The Wailing<\/strong>. Andrea n&rsquo;est pas seule.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">\u00c9galement en lice de cette 32\u00e8me \u00e9dition, <strong>The Wailing<\/strong> (Les Maudites) de l\u2019espagnol Pedro Martin-Calero nous faisait partager l\u2019histoire de trois jeunes femmes, Andrea, Camila et Marie, \u00e0 travers les continents et \u00e0 travers les \u00e2ges. <strong>Sur la grande sc\u00e8ne de l\u2019Espace Lac, le jeune metteur en sc\u00e8ne avait \u00e9voqu\u00e9 son admiration pour le regrett\u00e9 David Lynch (et en particulier son g\u00e9nial Lost Highway)<\/strong>. Mais les premi\u00e8res minutes du film nous ont plut\u00f4t fait penser au Grand Prix et Prix de la Critique de l\u2019\u00e9dition 2015 du festival, <strong>It Follows<\/strong> de David Robert Mitchell. Andrea se sent observ\u00e9e par une pr\u00e9sence invisible, qu\u2019elle ne peut distinguer par elle-m\u00eame. Seul indice, une ombre \u00e9trange \u00e0 l\u2019arri\u00e8re-plan, lorsqu\u2019elle visionne des vid\u00e9os d\u2019elle-m\u00eame que son petit ami lui transmet lors d\u2019appels en visio. Une ombre inqui\u00e9tante au d\u00e9but, puis une menace tangible lorsque celle-ci s\u2019en prendra \u00e0 son copain en direct. La structure narrative du film est originale, elle alterne les points de vue, puisque la mal\u00e9diction (c\u2019est bien de cela qu\u2019il s\u2019agit) est \u00e9voqu\u00e9e \u00e0 travers des personnes, lieux et \u00e9poques diff\u00e9rentes. <strong>The Wailing<\/strong> est un film int\u00e9ressant qui met les femmes au premier plan. Pers\u00e9cut\u00e9es, elles s\u2019efforcent d\u2019aller de l\u2019avant malgr\u00e9 un sort qui ne cesse de s\u2019acharner sur elles.<br>Le film a \u00e9t\u00e9 r\u00e9compens\u00e9 par deux Prix, celui de la Critique et celui du Jury Jeunes de la R\u00e9gion Grand-Est.<\/p>\n\n\n\n<figure class=\"wp-block-image size-full\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" width=\"299\" height=\"168\" src=\"https:\/\/www.moviescope.fr\/wp-content\/uploads\/2025\/02\/Oddity.png\" alt=\"\" class=\"wp-image-349\"\/><\/figure>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\"><a href=\"http:\/\/www.hebdoscope.fr\/wp\/wp-content\/uploads\/2025\/02\/Oddity.png\"><\/a> <strong>Oddity<\/strong>. Darcy m\u00e8ne l&rsquo;enqu\u00eate.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">On continue ce panorama de la comp\u00e9tition avec <strong>Oddity<\/strong>, du r\u00e9alisateur irlandais Damian McCarthy. Oddity a s\u00e9duit l\u2019ensemble des festivaliers. Son film a en effet \u00e9t\u00e9 r\u00e9compens\u00e9 par le Prix du Public, pour certains la distinction la plus prestigieuse de la manifestation. Avec des \u00e9l\u00e9ments empruntant \u00e0 la fois au film de genre et au thriller, <strong>Oddity<\/strong> captive son audience qui suit le quotidien d\u2019un gentil petit couple en pleine installation dans une belle maison perdue au milieu de nulle part. Ted et Dani ont achet\u00e9 ensemble une immense masure. Pendant que Ted travaille \u00e0 l\u2019institut psychiatrique de la r\u00e9gion, Dani effectue la touche finale avant leur installation. Un soir o\u00f9 elle est seule \u00e0 l\u2019int\u00e9rieur, un inconnu frappe \u00e0 la porte et la met en garde&nbsp;: un inconnu se serait gliss\u00e9 \u00e0 l\u2019int\u00e9rieur alors qu\u2019elle cherchait des affaires dans sa voiture gar\u00e9e juste devant. Elle ne sera pas convaincue. Plus tard, nous suivons la qu\u00eate de Darcy, la s\u0153ur jumelle de Dani, qui veut d\u00e9masquer le meurtrier de sa s\u0153ur. Aveugle, Darcy poss\u00e8de un don, celui de communiquer avec les d\u00e9funts au contact d\u2019un objet leur ayant appartenu. Elle va proposer \u00e0 Ted de trouver l\u2019assassin de son \u00e9pouse. Avec son histoire, ses d\u00e9cors, ses dialogues et son interpr\u00e9tation (mention sp\u00e9ciale \u00e0 Carolyn Bracken, qui incarne les deux s\u0153urs jumelles), <strong>Oddity<\/strong> entra\u00eene le spectateur dans un parcours tortueux o\u00f9 les apparences sont trompeuses. <strong>La derni\u00e8re sc\u00e8ne, aussi convenue soit-elle, est savoureuse. \u00c9tonnante jusqu\u2019\u00e0 la fin, cette Darcy\u2026<\/strong><\/p>\n\n\n\n<figure class=\"wp-block-image size-full\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" width=\"300\" height=\"167\" src=\"https:\/\/www.moviescope.fr\/wp-content\/uploads\/2025\/02\/In-a.png\" alt=\"\" class=\"wp-image-348\"\/><\/figure>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\"><a href=\"http:\/\/www.hebdoscope.fr\/wp\/wp-content\/uploads\/2025\/02\/in-a-violent.png\"><\/a> <strong>In a Violent Nature<\/strong>. Faut pas tourner le dos \u00e0 Johnny.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">\u00c9galement en comp\u00e9tition et digne repr\u00e9sentant du sous-genre du slasher, <strong>In a Violent Nature<\/strong> du canadien Steve Nash proposait une relecture originale du croquemitaine implacable. Ici le terrifiant \u00e9pouvantail (dont on apprendra plus tard qu\u2019il s\u2019appelle Johnny), increvable et muet comme le veut la tradition, a \u00e9t\u00e9 \u00ab&nbsp;r\u00e9veill\u00e9&nbsp;\u00bb par d\u2019authentiques gentils cr\u00e9tins (la tradition est toujours respect\u00e9e), qui ont pris par m\u00e9garde le pendentif pos\u00e9 au-dessus de sa s\u00e9pulture. Johnny s\u2019en va surgir de terre, puis entreprendre calmement de massacrer tous les membres de la joyeuse bande. Au c\u0153ur de la magnifique for\u00eat d\u2019Ontario le spectateur suit la tranquille croisade de Johnny d\u2019un air plut\u00f4t int\u00e9ress\u00e9 au d\u00e9but. Les meurtres sont tr\u00e8s graphiques, plut\u00f4t originaux et ne laissent aucune place \u00e0 l\u2019imagination. Mais au fil de la ballade du boogeyman on se surprend \u00e0 trouver le temps long. Et \u00e0 avoir envie d\u2019enfiler ses chaussures de randonn\u00e9e, tant la nature est ici mise en valeur. Ce n\u2019est pas la faute \u00e0 une dur\u00e9e trop cons\u00e9quente (<strong>In a Violent Nature<\/strong> dure \u00e0 peine plus d\u20191H30), mais plut\u00f4t d\u00fb au fait qu\u2019\u00e0 partir du troisi\u00e8me meurtre l\u2019effet de surprise a disparu. Reste que le film colle \u00e0 son personnage principal, l\u2019histoire \u00e9tant presque int\u00e9gralement vue \u00e0 travers son regard.<br>\u00c0 l\u2019\u00e9tonnement g\u00e9n\u00e9ral du public, le film a remport\u00e9 le Grand Prix. <strong>Le Jury Longs-M\u00e9trages s\u2019en est justifi\u00e9 en \u00e9voquant l\u2019originalit\u00e9 de la d\u00e9marche, qui met son monstre aux commandes et place le spectateur dans une position particuli\u00e8re, devenant le t\u00e9moin consentant, voire le complice des sc\u00e8nes de boucherie qui se suivent.<\/strong><\/p>\n\n\n\n<figure class=\"wp-block-image size-full\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" width=\"290\" height=\"174\" src=\"https:\/\/www.moviescope.fr\/wp-content\/uploads\/2025\/02\/Grafted.png\" alt=\"\" class=\"wp-image-347\"\/><\/figure>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\"><a href=\"http:\/\/www.hebdoscope.fr\/wp\/wp-content\/uploads\/2025\/02\/Grafted.png\"><\/a> <strong>Grafted<\/strong>. Wei change de peau.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">S\u00e9lectionn\u00e9 dans la comp\u00e9tition, <strong>Grafted<\/strong> de la n\u00e9o-z\u00e9landaise Sasha Rainbow nous faisait suivre l\u2019installation d\u2019une jeune chinoise, Wei, partie \u00e9tudier dans une prestigieuse universit\u00e9 de Nouvelle-Z\u00e9lande. Afflig\u00e9e d\u2019une maladie de peau (une grande tache sur la joue, qu\u2019elle tente de masquer avec sa chevelure), elle se sp\u00e9cialise dans la recherche m\u00e9dicale avec l\u2019espoir de changer son apparence. Elle continue les recherches de son p\u00e8re, qui se sont autrefois sold\u00e9es par un \u00e9chec. Brillante, Wei ne parvient pas vraiment \u00e0 s\u2019int\u00e9grer \u00e0 son groupe, mais va tout faire pour s\u2019attirer les bonnes gr\u00e2ces de la meneuse. Tout en devenant la petite prot\u00e9g\u00e9e de son ma\u00eetre de recherches, un personnage ambitieux qui r\u00eave de sortir de son anonymat gr\u00e2ce au talent de la nouvelle arriv\u00e9e. Avec son excellente musique et des sc\u00e8nes gore bien amen\u00e9es <strong>Grafted<\/strong> entra\u00eene le spectateur dans un man\u00e8ge qui donne le tournis. Le film dresse le portrait \u00e9mouvant d\u2019une jeune fille en mal d\u2019amour que la nature n\u2019a pas \u00e9pargn\u00e9e, et qui sombre dans la folie\u2026<\/p>\n\n\n\n<figure class=\"wp-block-image size-full\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" width=\"300\" height=\"168\" src=\"https:\/\/www.moviescope.fr\/wp-content\/uploads\/2025\/02\/Else.png\" alt=\"\" class=\"wp-image-346\"\/><\/figure>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\"><a href=\"http:\/\/www.hebdoscope.fr\/wp\/wp-content\/uploads\/2025\/02\/Else.png\"><\/a> <strong>Else<\/strong>. Ne faire qu&rsquo;un avec la nature.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Septi\u00e8me film en comp\u00e9tition,<strong> Else<\/strong> du fran\u00e7ais Thibault Emin. <strong>Mont\u00e9 sur la sc\u00e8ne de l\u2019Espace Lac, le r\u00e9alisateur nous a pr\u00e9sent\u00e9 longuement son \u0153uvre en en faisant la gen\u00e8se. Volubile et enthousiaste, il a convaincu l\u2019audience de sa sinc\u00e9rit\u00e9 et sa g\u00e9n\u00e9rosit\u00e9<\/strong>. Pour parfaire cette sympathique introduction le com\u00e9dien principal et le producteur \u00e9taient \u00e9galement pr\u00e9sents, et ont appuy\u00e9 ses propos, en confirmant que le film \u00e9tait d\u2019un genre particulier. De l\u2019organique, une vision extr\u00eamement originale, un concept et un style \u00e0 part. Dans un monde en crise, Anx et Cass viennent de se rencontrer. Autour d\u2019eux une terrible \u00e9pid\u00e9mie se r\u00e9pand, les gens fusionnent avec les objets. Clo\u00eetr\u00e9s dans l\u2019appartement d\u2019Anx, le couple essaye d\u2019\u00e9viter la contamination. <strong>Else<\/strong> fait partie de ces films captivants auxquels on pense encore longtemps apr\u00e8s les avoir vus. On n\u2019est pas certain d\u2019avoir tout compris, mais ce n\u2019est pas l\u00e0 le plus important. Ce qu\u2019il faut en retenir&nbsp;: un voyage in\u00e9dit au c\u0153ur d\u2019un monde en mutation, dans lequel deux \u00eatres que le destin a rapproch\u00e9 s\u2019allient pour faire face \u00e0 l\u2019in\u00e9luctable. Une tr\u00e8s belle fable, qui n\u2019a malheureusement pas remport\u00e9 de Prix \u00e0 G\u00e9rardmer, mais a pu s\u00e9duire une large audience.<\/p>\n\n\n\n<figure class=\"wp-block-image size-full\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" width=\"292\" height=\"172\" src=\"https:\/\/www.moviescope.fr\/wp-content\/uploads\/2025\/02\/La-fievre.png\" alt=\"\" class=\"wp-image-345\"\/><\/figure>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\"><a href=\"http:\/\/www.hebdoscope.fr\/wp\/wp-content\/uploads\/2025\/02\/Rich-Flu.png\"><\/a> <strong>La Fi\u00e8vre de l&rsquo;Argent<\/strong>. L&rsquo;ancienne vie de Laura.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Huiti\u00e8me et avant-dernier film de la comp\u00e9tition, <strong>La Fi\u00e8vre de l\u2019Argent<\/strong> (<strong>Rich Flu<\/strong> en anglais) \u00e9tait le troisi\u00e8me long-m\u00e9trage de l\u2019Espagnol Galder Aztelu-Urrutia, qui s\u2019est fait conna\u00eetre avec les films de science-fiction La Plateforme en 2019 et sa suite l\u2019ann\u00e9e derni\u00e8re. L\u00e0 encore, il s\u2019agit d\u2019une \u00e9pid\u00e9mie qui s\u2019abat d\u2019abord sur les personnes les plus riches et influentes de la plan\u00e8te. Celles-ci meurent sans explication les unes apr\u00e8s les autres, puis la \u00ab&nbsp;maladie&nbsp;\u00bb touche les individus dont la richesse est inf\u00e9rieure, et ainsi de suite. Cette \u00e9pid\u00e9mie fait sombrer le monde dans le chaos, les puissants cherchant alors le moyen le plus rapide de se s\u00e9parer de toute leur richesse. Avant l\u2019explosion de la catastrophe, Laura, jeune cadre travaillant dans le cin\u00e9ma au c\u0153ur des paillettes d\u2019Hollywood, passe son temps \u00e0 essayer de damer le pion \u00e0 ses concurrentes. Ambitieuse, elle est en conflit avec son ex-mari \u00e0 propos de la garde de sa fille. Rapidement ses petits probl\u00e8mes vont lui para\u00eetre bien mesquins, lorsqu\u2019elle va r\u00e9aliser que c\u2019est la possession qui am\u00e8ne la mort. Or son milliardaire de patron vient de lui transmettre une jolie partie de son patrimoine\u2026<br>Dans le r\u00f4le de Laura, la com\u00e9dienne Mary Elizabeth Winstead (<strong>Boulevard de la mort, Die Hard 4, Scott Pilgrim, 10 Cloverfield Lane<\/strong> pour ne citer que les plus connus) excelle, parvenant \u00e0 traduire l\u2019\u00e9volution de son personnage. <strong>La derni\u00e8re sc\u00e8ne, o\u00f9 elle affiche un fascinant sourire, \u00e0 la fois charmeur et f\u00e9roce, est un int\u00e9ressant rebondissement&nbsp;en soi<\/strong>: elle remet en cause tout ce que l\u2019humanit\u00e9 a pu apprendre au cours des r\u00e9cents \u00e9v\u00e9nements. Le monde a chang\u00e9, mais pas les hommes\u2026<\/p>\n\n\n\n<figure class=\"wp-block-image size-full\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" width=\"300\" height=\"168\" src=\"https:\/\/www.moviescope.fr\/wp-content\/uploads\/2025\/02\/EXHUMA.png\" alt=\"\" class=\"wp-image-344\"\/><\/figure>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\"><a href=\"http:\/\/www.hebdoscope.fr\/wp\/wp-content\/uploads\/2025\/02\/EXHUMA.png\"><\/a> <strong>EXHUMA<\/strong>. Les Quatre contre le D\u00e9mon.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Dernier film de la comp\u00e9tition, <strong>EXHUMA<\/strong> du r\u00e9alisateur cor\u00e9en Jang Jae-hyun nous invite \u00e0 suivre le combat de deux chamans (associ\u00e9s \u00e0 un g\u00e9omancien et un croque-mort) contre une entit\u00e9 mal\u00e9fique s\u2019acharnant sur une riche famille. L\u2019occasion pour les amateurs de retrouver le c\u00e9l\u00e8bre com\u00e9dien Choi Min sik (<strong>Old Boy, Lady Vengeance, J\u2019ai rencontr\u00e9 le Diable<\/strong>), qui incarne ici un g\u00e9omancien sp\u00e9cialis\u00e9 dans la recherche de lieux de s\u00e9pulture \u00ab&nbsp;ad\u00e9quats&nbsp;\u00bb. Sa mission sera de trouver une nouvelle s\u00e9pulture \u00e0 un anc\u00eatre belliqueux revenu d\u2019entre-les-morts, afin qu\u2019il cesse d\u2019accabler sa descendance lointaine. Comme souvent, la mise en sc\u00e8ne cor\u00e9enne n\u2019a pas son pareil pour tisser un fascinant climat et faire appara\u00eetre petit \u00e0 petit le surnaturel. Le spectateur s\u2019identifie assez vite \u00e0 ces \u00ab&nbsp;<em>ghostbusters<\/em>&nbsp;\u00bb asiatiques, il en vient \u00e0 craindre pour leur vie. <strong>Le monde de l\u2019au-del\u00e0 est pr\u00e9sent ici ou l\u00e0, il cohabite de la plus naturelle des fa\u00e7ons avec le monde r\u00e9el&nbsp;<\/strong>; c\u2019est l\u00e0 toute la r\u00e9ussite d\u2019<strong>EXHUMA,<\/strong> qui a \u00e9t\u00e9 r\u00e9compens\u00e9 par le Prix du Jury, ex-aequo avec <strong>Rumours<\/strong>.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Mais le Festival de G\u00e9rardmer ce n\u2019est pas qu\u2019une ribambelle de films pr\u00e9sent\u00e9s en comp\u00e9titions. Une s\u00e9lection Hors Comp\u00e9tition est projet\u00e9e chaque ann\u00e9e, et elle propose souvent des p\u00e9loches hautement recommandables. Nous allons \u00e9voquer ici celles qui nous ont particuli\u00e8rement marqu\u00e9.<\/p>\n\n\n\n<figure class=\"wp-block-image size-full\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" width=\"300\" height=\"168\" src=\"https:\/\/www.moviescope.fr\/wp-content\/uploads\/2025\/02\/In-vitro.png\" alt=\"\" class=\"wp-image-343\"\/><\/figure>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\"><a href=\"http:\/\/www.hebdoscope.fr\/wp\/wp-content\/uploads\/2025\/02\/In-Vitro.png\"><\/a> <strong>In Vitro<\/strong>. On ne clone pas n&rsquo;importe qui.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\"><strong>In Vitro<\/strong> des Australiens Will Howarth et Tom McKeith nous invitait \u00e0 suivre le quotidien harassant d\u2019un couple, Jack et Layla, exploitant un \u00e9levage bovin en Australie dans un proche futur. L\u2019exploitation \u00e9tant au bord de la faillite, Jack s\u2019est tourn\u00e9 vers les biotechnologies dans l\u2019espoir de sauver son entreprise. La science lui permet de cloner ses b\u00eates, mais la r\u00e9ussite n\u2019est pas toujours l\u00e0. Certains \u00e9v\u00e9nements vont amener Layla \u00e0 douter de la sinc\u00e9rit\u00e9 de son \u00e9poux, et \u00e0 le soup\u00e7onner de s\u2019\u00eatre lanc\u00e9 dans des exp\u00e9riences interdites. Le film est bien construit, ne fait pas appel \u00e0 de gros effets sp\u00e9ciaux et pourtant, un climat anxiog\u00e8ne s\u2019installe tr\u00e8s naturellement. La qu\u00eate de v\u00e9rit\u00e9 de Layla nous entra\u00eene avec elle, on s\u2019attache au personnage tout en \u00e9tant fascin\u00e9 par l\u2019apparente sinc\u00e9rit\u00e9 de Jack. <strong>In Vitro<\/strong> \u00e9tait une bonne surprise, de celles qu\u2019on aimerait bien voir arriver dans nos salles obscures au courant de l\u2019ann\u00e9e.<\/p>\n\n\n\n<figure class=\"wp-block-image size-full\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" width=\"300\" height=\"168\" src=\"https:\/\/www.moviescope.fr\/wp-content\/uploads\/2025\/02\/last.png\" alt=\"\" class=\"wp-image-342\"\/><\/figure>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\"><a href=\"http:\/\/www.hebdoscope.fr\/wp\/wp-content\/uploads\/2025\/02\/Last-Stop.png\"><\/a> <strong>Last Stop : Rocafort Station<\/strong>. Le m\u00e9tro barcelonais comme vous ne l&rsquo;avez jamais vu.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\"><strong>LastStop : Rocafort Station<\/strong> de l\u2019Espagnol Luis Prieto nous fait partager la vie de Laura, alors que celle-ci vient de d\u00e9crocher un travail pour le M\u00e9tro barcelonais. Affect\u00e9e \u00e0 la vieille station Rocafort, Laura se pla\u00eet dans cette nouvelle vie. Mais bien vite elle va \u00eatre amen\u00e9e \u00e0 s\u2019interroger sur certains \u00e9v\u00e9nements, la station Rocafort ayant \u00e9t\u00e9 le th\u00e9\u00e2tre d\u2019\u00e9v\u00e9nements sanglants bien des ann\u00e9es auparavant. Laura (l\u2019actrice Natalia Azahara rappelle \u00e9tonnamment Jessica Alba) est sujette \u00e0 des visions dans son nouveau cadre. Elle va s\u2019associer \u00e0 un ancien flic pr\u00e9sent sur le lieu du drame ayant co\u00fbt\u00e9 la vie \u00e0 une famille 25 ann\u00e9es auparavant. Le m\u00e9tro et la ville de Barcelone offrent un cadre id\u00e9al pour cette enqu\u00eate \u00e9touffante, qui pourra faire penser \u00e0 la qu\u00eate d\u2019Harry Angel dans l\u2019excellent <strong>Angel Heart<\/strong> d\u2019Alan Parker. Avec son climat \u00e9touffant et l\u2019\u00e9nergie de ses protagonistes (notamment Javier Gutierrez), <strong>Last Stop : Rocafort Station<\/strong> propose un int\u00e9ressant voyage au c\u0153ur d\u2019une ville palpitante, tour \u00e0 tour \u00e9touffante et pleine de vie.<\/p>\n\n\n\n<figure class=\"wp-block-image size-full\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" width=\"300\" height=\"156\" src=\"https:\/\/www.moviescope.fr\/wp-content\/uploads\/2025\/02\/presence.png\" alt=\"\" class=\"wp-image-341\"\/><\/figure>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\"><a href=\"http:\/\/www.hebdoscope.fr\/wp\/wp-content\/uploads\/2025\/02\/Presence.png\"><\/a> <strong>Presence<\/strong>. Une maison habit\u00e9e.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\"><strong>Presence<\/strong> de Steven Soderbergh (oui, oui, cette ann\u00e9e un film du c\u00e9l\u00e8bre metteur en sc\u00e8ne \u00e9tait projet\u00e9 au festival) met la figure du poltergeist \u00e0 l\u2019honneur. La famille Payne emm\u00e9nage dans une vaste maison de banlieue. Les parents, Rebecca (Lucy Liu) et Chris, et les enfants, Tyler et Chloe, cherchent \u00e0 prendre un nouveau d\u00e9part. Le couple est en crise, et Chloe est encore marqu\u00e9e par le d\u00e9c\u00e8s r\u00e9cent de sa meilleure amie Nadia. Steven Soderbergh filme la maison comme un \u00eatre vivant, et pour cause. Un poltergeist y r\u00e9side, c\u2019est donc \u00e0 travers ses \u00ab yeux \u00bb que nous assisterons \u00e0 la vie quotidienne de la famille \u00e0 l\u2019int\u00e9rieur des murs. La ma\u00eetrise du metteur en sc\u00e8ne n\u2019est plus \u00e0 d\u00e9montrer, il s\u2019acquitte de sa t\u00e2che avec la virtuosit\u00e9 qu\u2019on lui conna\u00eet. En sugg\u00e9rant le fant\u00f4me qui hante les pi\u00e8ces il fait de la maison un personnage \u00e0 part. Celle-ci devient une entit\u00e9 vivante dot\u00e9e d\u2019une volont\u00e9 propre et capable d\u2019actions concr\u00e8tes sur les choses et les \u00eatres vivants. Aux c\u00f4t\u00e9s de la famille Payne le spectateur se surprend \u00e0 sursauter, \u00e0 se dresser dans son fauteuil alors que le poltergeist s\u2019exprime par divers moyens. L\u2019art du cadrage et du montage du r\u00e9alisateur est toujours aussi efficace, il parvient \u00e0 contrebalancer un suspens assez ronronnant. Et n\u2019oublions pas les rapports entre les membres de la famille, qui sont bien d\u00e9velopp\u00e9s, malgr\u00e9 la courte dur\u00e9e du film (moins d\u20191H25). <strong>Au final Presence s\u2019av\u00e8re un thriller surnaturel assez efficace qui avait tout \u00e0 fait sa place dans cette 32\u00e8me \u00e9dition du Festival, mettant les fant\u00f4mes \u00e0 l\u2019honneur.<\/strong><\/p>\n\n\n\n<figure class=\"wp-block-image size-full\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" width=\"299\" height=\"168\" src=\"https:\/\/www.moviescope.fr\/wp-content\/uploads\/2025\/02\/moogai.png\" alt=\"\" class=\"wp-image-340\"\/><\/figure>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\"><a href=\"http:\/\/www.hebdoscope.fr\/wp\/wp-content\/uploads\/2025\/02\/The-Moogai.png\"><\/a> <strong>The Moogai<\/strong>. Faites gaffe au b\u00e9b\u00e9.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Pour finir ce tour d\u2019horizon, un autre film australien, <strong>The Moogai<\/strong>, premier long-m\u00e9trage de Jon Bell. Sc\u00e9nariste de nombreuses s\u00e9ries t\u00e9l\u00e9vis\u00e9es, Jon Bell adapte ici son court-m\u00e9trage du m\u00eame nom de 2020&nbsp;: un jeune couple aborig\u00e8ne accueille la naissance de son second enfant. Tr\u00e8s vite, Sarah, la maman va faire face \u00e0 des hallucinations de plus en plus envahissantes. <strong>The Moogai<\/strong> est l\u2019occasion pour Jon Bell de rappeler les anciennes politiques australiennes, qui organisaient le vol des enfants aborig\u00e8nes \u00e0 leur famille au titre de \u00ab&nbsp;l\u2019assimilation&nbsp;\u00bb. Un terme leur a m\u00eame \u00e9t\u00e9 consacr\u00e9, \u00ab&nbsp;g\u00e9n\u00e9rations vol\u00e9es&nbsp;\u00bb, et en 2008 le gouvernement f\u00e9d\u00e9ral australien a pr\u00e9sent\u00e9 ses excuses aux familles impact\u00e9es. Jon Bell se sert de ce postulat pour le transposer au genre, faisant intervenir un croquemitaine symbolisant le gouvernement. Si sa cr\u00e9ature est terrifiante, c\u2019est aussi parce qu\u2019elle s\u2019attaque \u00e0 des proies particuli\u00e8rement vuln\u00e9rables.<strong> Devant sa cam\u00e9ra l\u2019Australie devient le th\u00e9\u00e2tre d\u2019\u00e9v\u00e9nements surnaturels, jusqu\u2019\u00e0 un final plus l\u00e9ger, porteur d\u2019espoir.<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Cette ann\u00e9e le festival de G\u00e9rardmer a r\u00e9alis\u00e9 un quasi-sans-fautes. La programmation \u00e9tait excellente, et les animations autour de l\u2019\u00e9v\u00e9nement comme toujours irr\u00e9prochables. Certains esprits chagrins sont all\u00e9s jusqu\u2019\u00e0 d\u00e9plorer la pr\u00e9sence en comp\u00e9tition de longs-m\u00e9trages disponibles sur les plateformes (cf. <strong>Oddity, In a Violent Nature, Azrael<\/strong>), mais c\u2019est oublier que la production cin\u00e9matographique s\u2019est m\u00e9tamorphos\u00e9e les dix derni\u00e8res ann\u00e9es, et que si les longs-m\u00e9trages ont bien \u00e9videmment vocation \u00e0 \u00eatre diffus\u00e9s en salles, le mode de consommation s\u2019est profond\u00e9ment modifi\u00e9. Encore plus particuli\u00e8rement dans la cat\u00e9gorie des films de genre. Alors ne boudons pas notre plaisir et contentons-nous de savourer ce qui fut une excellente \u00e9dition.<br>Derni\u00e8re nouvelle importante, la nouvelle Pr\u00e9sidente de l\u2019association du festival Anne Villemin a annonc\u00e9 une grande nouveaut\u00e9 pour l\u2019\u00e9dition 2026&nbsp;: <strong>celle-ci se d\u00e9roulera sur 6 jours l\u2019ann\u00e9e prochaine, et d\u00e9butera le mardi (du 27 janvier au 1er f\u00e9vrier 2026). \u00c0 vos agendas&#8230;<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">J\u00e9r\u00f4me Magne<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Au si\u00e8cle dernier, en 1994, se tenait le premier Festival International du Film Fantastique de G\u00e9rardmer, alors sobrement appel\u00e9 Fantastica. Reprenant le flambeau du Festival International du Film Fantastique d\u2019Avoriaz, l\u2019\u00e9v\u00e9nement allait s\u2019\u00e9toffer au fil des \u00e9ditions en d\u00e9passant le cadre du cin\u00e9ma et en s\u2019ouvrant sur de nouveaux horizons. 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